Hubert Rostaing

Né en 1918 à Lyon, mort à Paris en 1990.

Rostaing grandit à Alger. Il apprend la clarinette et le saxophone. Il apprécie le jazz qu’on lui propose, qui est plutôt de la variété à la sauce jazz. Il est membre de l’orchestre des Red Hotters qui avait été crée par Georges Tabet dans les années 20. En 1939, il débarque à Paris. Il joue au Mimi Pinson, du saxophone et du bandonéon où il est reperé par Alix Combelle, qui le recommande à Django.

Au début de leur collaboration, Rostaing affirme qu’il ne connait à peu près rien au jazz, même pas la grille d’un blues. Du coup, Rostaing travaille dur pour répondre aux attentes de Django. Et ce travail va payer. En octobre 1940, le Nouveau Quintette est lancé au Cinéma Normandie et peu de temps après le succès arrive avec le morceau Nuages. Après seulement quelques mois, Rostaing est considéré comme un grand par ses collègues musiciens, tout le monde le veut. Il est recruté comme saxophoniste pour le Jazz de Paris d’Alix Combelle, avec la section rythmique du Quintette. Il participe également aux orchestres de Raymond Legrand, Fred Adison, Aimé Barelli, André Ekyan. Il accompagne Charles Trénet. Il dirige même son propre orchestre pour des enregistrements dès mars 1941.

On peut comprendre pourquoi Rostaing a préféré cesser sa collaboration avec Django : d’un côté, il est apprécié, reconnu comme un bon musicien et accueilli dans de bons orchestres, de l’autre Django le considère comme au second rang dans son Quintette. Django, poussé en cela par son imprésario Jules Borkon, ne paye pas ses collaborateurs à leur juste valeur et refuse toute négociation. En 1942, la tournée dans le sud de la France et à Alger se passe mal : Django a pris la grosse tête, c’en est trop pour Rostaing qui décide de quitter le Quintette. Django et Rostaing rejoueront ensemble par la suite mais ils ne seront plus aussi proches.

Après son départ du Quintette, ses activités se diversifient : accompagnateur d’Yves Montand dans l’orchestre de Bob Castella, chef d’orchestre de son propre groupe, soliste invité dans l’orchestre de Jacques Hélian, interprète pour les musiques de films écrites par André Hodeir, saxophoniste « commercial » sous les noms d’Earl Cadillac, Joe Kalamazoo etc. Dans les années 60, il se consacre plutôt à la musique de films en tant que compositeur, arrangeur et chef d’orchestre. Il est ami du compositeur de musique contemporaine, Jean Barraqué. La sonorité de Rostaing a inspiré Barraqué : en 1968, à Londres a lieu la première du Concerto pour 6 formations instrumentales et deux instruments (clarinette et vibraphone). Ce concerto est dédié à Claude et Hubert Rostaing. Et pour cette première, la clarinette est tenue par… Rostaing.

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